Esterilización, trampas de CO2: ¿cuáles son las técnicas realmente efectivas para combatir el mosquito tigre? – AQUÍ


Después de un verano caluroso y seco, los mosquitos regresan en septiembre. En Gironda, el mosquito tigre transmite incluso el chikungunya. ¿Cómo deshacerse de estos envenenadores rayados? ICI lo aclara.

L’été a été sec, et on a cru à une année sans moustiques. Mais voilà, il a suffi de quelques jours de pluie pour relancer le cycle. Les moustiques tigres signent leur retour en force au mois de septembre, car leurs œufs peuvent rester des jours, des mois ou même des années dans des contenants d’eau, même asséchés, en attendant le retour d’une humidité suffisante au développement de leurs larves. S’ils sont la plupart du temps surtout enquiquinants, ces petits organismes sont également dangereux, car vecteurs de maladies tropicales (dengue, Chikungunya, Zika, le virus du Nil occidental est lui transmis par une autre sorte de moustiques, le Culex, le moustique “normal”). Le 17 septembre, l’ARS de Gironde répertoriait ainsi dans le département 57 cas de Chikungunya autochtones, c’est-à-dire sans lien avec un voyage récent dans une région du globe à risque. Un premier cas autochtone a été détecté ce jeudi à Aiguemorte, dans le Gard.

Aujourd’hui, les moustiques tigres ont déjà colonisé la plupart des départements français, et s’apprêtent à envahir le territoire métropolitain tout entier. Comment s’en débarrasser ? Comment éviter qu’ils ne transmettent des maladies ? ICI fait le point sur les solutions possibles avec Anna-Bella Failloux, entomologiste médicale à l’Institut Pasteur, spécialiste des moustiques.

Les opérations de démoustication avec des insecticides

Le 16 septembre, une opération de démoustication a été menée dans un lycée de La Rochelle et à 150 mètres alentours, le rayon de vol d’un moustique tigre. Une lycéenne revenant de voyage s’est en effet retrouvée frappée de Chikungunya. L’opération visait à endiguer une possible propagation de la maladie qui provoque notamment de fortes douleurs articulaires.

“Aujourd’hui, on a des populations de moustiques qui sont de plus en plus résistantes aux insecticides, et notamment à la deltaméthrine, qui est la seule molécule qui est utilisée pour lutter contre les moustiques d’intérêt médical”, résume Anna-Bella Failloux.

La stérilisation des mâles

Depuis quelques années, des start-ups ont commencé à proposer aux municipalités d’effectuer des lâchers de moustiques mâles stériles, pour éviter leur reproduction. Car seules les femelles piquent. Et si les mâles sont stérilisés aux rayons gamma ou aux rayons X, ils ne peuvent pas féconder les œufs, donc ces derniers n’éclosent jamais. Et la population de moustiques diminue.

En mai dernier, Toulouse devenait la quatrième ville de France à tester cette solution proposée par une entreprise montpelliéraine, après Brive-la-Gaillarde, Montpellier et Mions, près de Lyon. La mairie de Toulouse va débourser 180.000 euros pour ces lâchers de moustiques stériles à Terre-Cabade pour les deux prochaines années, en espérant une baisse de 80 % de la population de moustiques. En Gironde, les villes de Sainte-Eulalie et Bruges, en banlieue de Bordeaux, testent également la technique.

Est-ce vraiment efficace ? “Il y a un effet”, admet Anna-Bella Failloux. Mais pour que ce soit efficace, “il faut en général cinq fois plus de mâles stériles que de mâles sauvages”, explique l’entomologiste. La solution est donc d’effectuer des piégeages en amont pour évaluer le nombre de mâles à relâcher. “Il faut aussi s’assurer de ne pas être colonisés par une ville voisine”, souligne Anna-Bella Failloux, qui rappelle que les moustiques, s’ils ne volent pas loin (entre 100 et 200 mètres), profitent souvent des voitures pour se déplacer.

La scientifique souligne également le coût élevé de la méthode : “Il faut monter des usines à moustiques, et quand on arrête les lâchers, les moustiques reviennent. Nous ne sommes pas sur une île, nous sommes sur un continent. La recolonisation est possible à partir du ou des endroits où on n’a pas lâché de mâles stériles.”

Mais cette stratégie pose également beaucoup de questions, car on manque de recul : “On se retrouve dans une espèce de vide écologique qui peut être colonisé par une autre espèce de moustique, un autre insecte ou par quelque chose d’autre, et donc on ne sait pas exactement ce qui peut se passer à partir du moment où on va créer ce trou écologique”, souligne l’entomologiste.

Le remplacement par d’autres moustiques

Autre option, qui a, elle, prouvé son efficacité : remplacer les moustiques vecteurs de maladies par des moustiques inoffensifs. “On a pris une bactérie, Wolbachia, qui provient de la drosophile, d’une mouche, et qui est déjà présente chez 60% des insectes, et on l’a inoculée aux moustiques”, décrit Anna-Bella Failloux.

“Quand un moustique pique une personne infectée, la bactérie empêche le virus de se multiplier dans le moustique, et donc de le transmettre, parce que le moustique, ce n’est pas une seringue”, précise la scientifique. En piquant une personne infectée, le moustique absorbe en effet le virus, qui passe dans sa cavité interne. C’est ensuite en sécrétant de la salive, utilisée comme anticoagulant pour ne pas que le sang sèche dans sa trompe, que la femelle transmet la maladie.

“La technique de remplacement est la seule à disposer de preuves de son efficacité avérée sur la diminution de l’incidence de la dengue, et possible sur la réduction de l’incidence du chikungunya”, établissait l’Anses, l’agence nationale de sécurité sanitaire, en 2025. “Vous allez continuer à être piqués mais vous n’allez pas tomber malade”, résume la spécialiste des moustiques. “C’est ce qui se fait déjà en Nouvelle-Calédonie. C’est une île, une situation où il n’y a pas du tout de risque de recolonisation de l’extérieur.”

Les pièges à CO2

La méthode des pièges à CO2 séduit également des particuliers, et certaines municipalités, notamment dans le Gard. Le principe est simple : piéger le moustique en secrétant du CO2, et en l’aspirant dès qu’il se retrouve à proximité de l’appareil. “Avant, on ne pouvait pas accueillir les enfants dehors le matin à cause des moustiques. Là, on peut passer la journée dehors sans problème. C’est magique !“, s’enthousiasme Eve, l’une des animatrices d’un centre de loisirs d’Aiguemorte, au micro de ICI Gard Lozère.

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Anna-Bella Failloux est, elle, beaucoup plus tempérée sur ce système, qui se base sur le fait que tout organisme à sang chaud (animal ou humain) rejette du CO2 : “Votre piège n’est pas aussi attractif qu’un animal qui passe, que des humains qui discutent sous un arbre….”

La réintroduction de prédateurs

En juillet 2026, la mairie de Bordeaux distribuait des kits aux particuliers pour lutter efficacement contre les moustiques dans leur jardin. Et l’accompagnait de mesures plus larges : l’introduction de poissons prédateurs (gambusies) dans les bassins artificiels pour qu’ils mangent les larves de moustiques, et la création d’abris pour les oiseaux de ville (moineaux, mésanges) pour qu’ils s’attaquent aux adultes. Un plan complété par la plantation de végétaux répulsifs (citronnelle, géranium, lavande) dans les espaces publics, et une distribution de graines pour que les habitants puissent en cultiver chez eux.

“La végétalisation de la ville est essentielle pour faire baisser la température. C’est le seul moyen qu’on ait trouvé : verdir la ville”, pose d’emblée l’entomologiste médicale. “Mais en verdissant la ville, on crée des endroits chauds et humides, qui sont plus favorables au développement des moustiques. Donc forcément, on va introduire des prédateurs, et notamment les oiseaux, pour manger les adultes, et des grenouilles ou des poissons, qui vont manger les larves. C’est efficace. Ça a été pratiqué ailleurs et plusieurs mégapoles ont déjà prouvé l’efficacité du système.”

“Il n’y aura pas de produit miracle”

“Il n’y aura pas de produit miracle”, résume Anna-Bella Failloux, “il faut seulement comprendre comment ça marche et puis ensuite faire en sorte que les conditions ne soient pas réunies pour que ça marche.” Pour l’entomologiste médicale à l’Institut Pasteur, le plus important est donc que les personnes comprennent que tout récipient contenant de l’eau stagnante dans un jardin ou même dans une maison devient un nid à moustiques. Et que les actions doivent être effectuées au niveau d’un quartier, “puisque notre moustique tigre, c’est un moustique qui est paresseux, il ne va pas voler loin, il va voler 100 mètres, 200 mètres, donc si vous êtes piqué chez vous, c’est que la larve s’est développée à proximité. Alors évidemment, il faut que tout votre entourage géographique le fasse, c’est-à-dire que vos voisins le fassent.”

Les recommandations de l’Anses, l’agence nationale de sécurité sanitaire pour contribuer à endiguer la prolifération de moustiques :

  • vider régulièrement ou supprimer les coupelles sous les pots de fleurs, les vases ou les seaux ;
  • ranger à l’abri de la pluie le matériel pouvant accumuler de l’eau (seaux, jouets, arrosoirs, etc.) ;
  • recouvrir les bidons de récupération de l’eau de pluie d’une moustiquaire ou d’un tissu ;
  • nettoyer les gouttières pour éviter la stagnation d’eau.

Vous pouvez également signaler la présence du moustique tigre chez vous sur le site de l’Anses.

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